Les Crépuscules de la Tricoterie

Les Crépuscules de la Tricoterie :

"Ce n’est qu’à la tombée du crépuscule que la chouette de Minerve prend son envol." A l’image de l’oiseau favori de la déesse grecque de la sagesse, la philosophie est une activité du soir, une réflexion sur ce dont la journée a été faite. C’était du moins l’avis exprimé dans cette phrase célèbre par le philosophe allemand GWF Hegel. Mais les réflexions du crépuscule peuvent et doivent aussi contribuer à rendre plus sereine, voire plus radieuse l’aube qui lui succédera : la semaine qui commence le lendemain, le sort des générations qui nous suivront dans notre ville et sur notre planète.

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Crépuscules prévus en 2015, selon le thème d’« un avenir résilient pour le quartier du bas de Saint-Gilles » ll s’agit d’un cycle de trois conférences, dont la première eut lieu le 22 mars dernier, et dans lesquelles nous tentons, avec les habitants du quartier, d’imaginer un avenir résilient sur leur territoire, au niveau de l’organisation de la production et du travail, de l’habitat et de l’alimentation.

  • Le 3 mai 2015 : La superdiversité du bas de Saint-Gilles et ses nouveaux modes de fonctionnement – Joachim Ben Yakoub, Farida Zouj, Martin Raucent

L’intolérance est suicidaire et la tolérance insuffisante.
We can’t solve problems by using the same kind of thinking we used when we created them (1). Les problèmes de demain ne peuvent être affrontés avec une logique d’aujourd’hui, et encore moins selon les normes du passé ! La solution à nos problèmes globaux, passe par une remise en doute des valeurs technologiques, rationnelles et matérialistes de notre société occidentale. L’ascendance que cette culture occidentale a sur les autres cultures du monde, ainsi que sur tous les autres êtres vivants sur notre planète, nous entraîne vers des crises et des conflits de plus en plus nombreux.

Vivre en paix dans un monde globalisé dans lequel la vie et les sociétés sont tellement informatisés demandera de nouvelles façons de penser et d’agir. Nos sociétés devront dépasser le stade de l’animosité pour atteindre la tolérance mutuelle et, enfin, la coopération active : adhérer à une culture d’interexistence(2) . Il faudra remplacer la logique de « eux ou nous » par « eux et nous » ; inclure chaque protagoniste dans un « je gagne, tu gagnes ». Cela induira un désarmement généralisé, des échanges économiques équilibrés, une démographie jugulée, un partage de compétences, une mise à disposition de technologies et de capitaux, ainsi que respecter les seuils vitaux pour l’intégrité de la nature.

Il est clair que ces solutions globales s’appuieront sur l’exemple de nombreuses actions locales. Le micro-crédit et le travail de coopératives en sont l’illustration. Cette nouvelle conscience, plus proche de la sagesse orientale que du pragmatisme occidental, peut sembler lointaine, et peut paraître idéaliste. Mais aucune autre voie ne se présente à nous, encore moins celle de nouvelles technologies. Et il semble que si nous ne nous engageons pas sur cette voie, la survie même de notre espèce est désormais engagée.

Alors, sur le territoire de la Région bruxelloise, ou sur celui de Saint-Gilles, nous pouvons mettre en oeuvre cette nouvelle conscience. Nous pouvons poser des actes qui inspirent d’autres régions urbaines, aussi interdépendantes et aussi multiculturelles.

Aussi, ce dimanche 3 mai, nous nous pencherons sur cette superdiversité et ses modes de fonctionnement. Ensuite nous tenterons de comprendre dans quelle mesure les mouvements citoyens (SEL, coopératives, ...) incluent la multiculturalité et s’il est aujourd’hui possible de l’encourager.

(1) Dicton attribué à Albert Einstein
(2) Ervin Laszlo – The Choice : Evolution or extinction, New-York, Tarcher/Putnam 1994.

  • Le 7 juin 2015  : Créer un quartier résilient avec tous les habitants du bas de Saint-Gilles - Nom de l’orateur à venir

Déroulement :

Le déroulement des différentes soirées s’organise en fonction du thème et de(s) orateur(s). Le sujet du jour est introduit par Philippe Van Parijs qui présente l’orateur et, après un exposé d’une heure, mènera les échanges avec le public. L’atmosphère se veut conviviale et amicale.

Début : 18h
Entrée gratuite
Resto et bar ouvert !

Réservations pour le crépuscule du 03 mai :

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Nos orateurs :

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Philippe Van Parijs, né à Molenbeek, est philosophe et économiste. Il est docteur en philosophie de l’université d’Oxford et docteur en sociologie de l’Université Catholique de Louvain, il a étudié l’économie politique, le droit, et la linguistique.Il est actuellement professeur à l’université catholique de Louvain (chaire Hoover d’éthique économique et sociale), à la Katholieke Universiteit Leuven.

Promoteur de l’allocation universelle, il a fondé le Basic Income Earth Network (BIEN). Plus récemment il a lancé le plan Marnix dont l’objectif est de promouvoir le multilinguisme, dès le plus jeune âge, pour tous les petits Bruxellois. Dans le cadre d’une démocratie repensée, il prône e.a.la ré-appropriation de certains espaces publics et a initié le fameux « Picnic the streets ». Il parle le français, le néerlandais, l’anglais, l’allemand, l’italien, l’espagnol et le portugais.

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Eric Corijn est également un fin connaisseur de Bruxelles. Il est philosophe de la culture et professeur émérite en géographie sociale et culturelle à la V.U.B. Eric Corijn prône une Bruxelles hybride et multilingue, captant les flux internationaux et développant la participation locale. Il fustige le ‘salad bowl’ et appelle de ses voeux un véritable ‘melting pot’. Ainsi l’enseignement, l’art, le bien être, l’apprentissage des langues, la recherche d’emplois, l’intégration sont susceptibles de se faire dans l’une des deux communautés officielles. Il est grand temps de dépasser ce stade et de réfléchir à ce que signifie devenir membre d’une société urbaine dans une petite ville internationale. Une ville n’est pas un pays, une ville est une société post-nationale. Ceci doit susciter des visions particulières. A ce sujet, la discussion peut aussi inclure l’enseignement, l’art, la culture et le bien-être.

Eric Corijn est aussi une cheville ouvrière de nombre d’initiatives visant à faire bouger Bruxelles en ralliant francophones et flamands. Bruxellois de combat, il est la mauvaise conscience des hommes politiques qui délaissent la région bruxelloise.

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Joachim Ben Yakoub est un collaborateur du Pianofabriek (rue du Fort) en charge de l’imagerie et de la diversité. Il coordonne et aide à l’émergence de la production théatrale et cinématographique au sein de cette institution omniprésente à Saint-Gilles.

Il est chercheur doctorant au Middle East And North Africa Research Group de l’Université de Gent, où il focalise ses recherches sur les espoirs et transformations engendrées par les révoltes du Printemps Arabe. Il est également co-auteur d’un livre décrivant la compléxité et les glissements engendrés par la migration dans la société civile, en particulier celle de Saint-Gilles. (‘Superdiversiteit en democratie’ - EPO, 2014).

C’est là le sujet qu’il nous propose d’aborder. Il pose d’emblée la question : que signifie l’intégration dans une société issue à 92% de l’émigration ?

Quelle forme la démocratie peut-elle adopter au sein d’une population aussi variée, constituée de migrations successives, les migrations les mieux établies exploitant les migrations les plus récentes, les migrants contraints à un processus d’intégration selon les critères d’une communauté française ou flamande pour acquérir des droits sociaux ?

Farida Zouj
Auteure, compositrice et interprète. Farida Zouj présente son répertoire de chansons en Français, en Arabe et en Espagnol. Elle chante et monte sur scène en chanson et au théâtre depuis 1990. Elle se produit régulièrement en concert avec ses musiciens.
Son premier album : Chienne de vie présente 12 titres originaux, en Arabe, en Français et dans les deux langues à la fois. Un univers de douceur et de ballades qui invite au voyage, des arrangements jazz portés par des musiciens professionnels. Farida est fondatrice de l’association INTERSTICES et mène le projet LE SELIDAIRE - www.selidaire.be. A l’heure où nous voyons émerger de nouvelles initiatives telles que « donnerie », « repair Café », … Selidaire constate que ces pratiques citoyennes sont le chef de certaines parties de la population alors qu’elles sont inconnues et/ou inaccessibles à d’autres... En se centrant sur le principe du S.E.L., Selidaire cherche à identifier le « comment aménager ces pratiques pour les rendre accessibles aux publics habituellement absents de ces réseaux citoyens » pour accroître les possibilités d’inclusion de certains groupes de personnes.

Martin Raucent de www.bees-coop.be.
Martin est l ’une des chevilles ouvrières d’un projet économique inclusif. BEES coop est un projet de supermarché coopératif et participatif à Bruxelles, visant à rendre accessible une nourriture de qualité. Cette démarche se veut respectueuse de l’environnement et de l’humain. Vous y trouverez également un restaurant et la possibilité de suivre des ateliers culinaires.
Martin viendra appuyer la démarche d’inclusion par le développement d’activité économique et illustrera par là, le chemin que nous tenterons de reconnaître lors de la troisième édition des Crépuscules.


 

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